Un robinet qui goutte au petit matin, une manette qui se met à fuir dès qu’on l’actionne : dans un logement loué, la première réaction n’est pas de sortir la clé à molette, mais de se demander qui va payer. Locataire ou propriétaire ? La réponse n’a rien d’arbitraire. Elle repose sur un texte précis, le décret n° 87-712 du 26 août 1987, qui liste noir sur blanc les réparations dites « locatives ». Reste à savoir de quel côté tombe votre robinet selon qu’il s’agit d’un joint fatigué ou d’une robinetterie en fin de vie. Voici comment trancher sans conflit, avec les règles applicables en 2026.
🕒 L’article en bref
La répartition ne dépend pas de qui a détecté la fuite, mais de sa cause : entretien courant côté locataire, vétusté côté propriétaire. Le décret 87-712 sert d’arbitre.
- ✅ Ce que paie le locataire : joints, clapets, presse-étoupe, mousseurs, petit détartrage.
- ✅ Ce que paie le propriétaire : remplacement d’un mitigeur usé par l’âge, corps du robinet corrodé, vétusté avérée.
- ✅ Le critère qui tranche : usure normale et âge du matériel contre négligence ou mauvaise utilisation.
- ✅ La preuve qui compte : l’état des lieux d’entrée et les échanges écrits départagent en cas de désaccord.
📌 Identifier la nature exacte de la panne avant d’appeler un plombier vous évite de payer une facture qui ne vous incombe pas.
Ce que dit le décret 87-712 sur les robinets en location
Le partage des frais découle d’un principe simple posé par la loi du 6 juillet 1989 : le locataire assume l’entretien courant et les menues réparations, le propriétaire garantit un logement décent et prend à sa charge tout ce qui relève de la vétusté ou d’un vice. Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 vient préciser cette frontière avec une annexe qui détaille, poste par poste, ce qui incombe au locataire.
Pour la plomberie, ce texte est limpide. Sont à la charge du locataire le remplacement des joints, des clapets et des presse-étoupe, le remplacement des flexibles de douche, le nettoyage des dépôts de calcaire et l’entretien courant de la robinetterie. En clair, tout ce qui s’use vite et se change pour quelques euros. Un joint qui fuit sur un robinet par ailleurs en bon état ? C’est vous, locataire, qui réglez la pièce et la pose.
La logique s’inverse dès que la défaillance vient de l’âge du matériel. Un mitigeur dont le corps est entartré au point d’être irréparable, une cartouche céramique hors service sur un robinet installé il y a quinze ans, un raccord corrodé : ces cas relèvent de la vétusté, donc du propriétaire. Le décret 87-712 exclut expressément les réparations « occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas de force majeure ou faute du bailleur ». Remplacer un équipement hors d’usage par l’âge n’est jamais locatif. La même frontière entretien courant/vétusté s’applique à l’électricité : savoir qui doit changer un disjoncteur obéit exactement au même raisonnement.
| Intervention | À la charge de | Fondement |
|---|---|---|
| Changement de joint, clapet, presse-étoupe | Locataire | Réparation locative (annexe décret 87-712) |
| Détartrage de la robinetterie, remplacement d’un mousseur | Locataire | Entretien courant |
| Remplacement d’un robinet vétuste ou corrodé par l’âge | Propriétaire | Vétusté (exclusion du décret 87-712) |
| Robinet cassé par un choc ou une mauvaise manipulation | Locataire | Faute d’usage |
Le point de bascule tient donc à un mot : la cause. Un locataire averti consulte son état des lieux d’entrée avant même de contacter qui que ce soit. Si la robinetterie y est décrite comme ancienne ou déjà entartrée, il dispose d’un argument solide pour renvoyer la facture au bailleur.

Une fuite, c’est urgent : réagir avant le dégât des eaux
Un robinet qui fuit n’est pas qu’une nuisance sonore. Un simple goutte-à-goutte gaspille de 5 à 20 litres par jour, et une fuite plus franche peut atteindre plusieurs centaines de litres, avec une note d’eau qui grimpe sans prévenir. Pire, sous un évier ou derrière un lavabo, l’humidité finit par gonfler le meuble, décoller le carrelage et, dans les cas les plus sérieux, ruisseler chez le voisin du dessous.
Le locataire a ici une obligation d’usage raisonnable : il doit signaler et faire traiter le problème sans le laisser traîner. Une fuite connue et ignorée qui dégénère en dégât des eaux peut engager sa responsabilité, même si la panne d’origine relevait du propriétaire. La chronologie compte donc autant que la cause.
Dans la pratique, trois réflexes limitent la casse. D’abord, couper l’arrivée d’eau du point concerné (robinet d’arrêt sous l’évier) ou, à défaut, l’alimentation générale. Ensuite, documenter : quelques photos, la date, et un message écrit au propriétaire ou à l’agence. Enfin, ne pas se précipiter sur la première publicité de « plombier en urgence » trouvée en ligne, souvent facturée bien au-delà du tarif réel. Un artisan local sur devis reste presque toujours moins cher qu’un dépanneur qui capte les recherches d’urgence sur internet.
| Type de fuite | Cause probable | Qui paie |
|---|---|---|
| Goutte-à-goutte au niveau du bec | Joint ou cartouche à changer | Locataire |
| Fuite à la base, robinet ancien entartré | Vétusté du corps de robinet | Propriétaire |
| Fuite après un choc ou un serrage forcé | Mauvaise manipulation | Locataire |
| Fuite ignorée devenue dégât des eaux | Négligence de signalement | Locataire (aggravation) |
Combien coûte le changement d’un robinet en 2026
Autant lever le flou tout de suite : le prix dépend surtout de ce qu’on remplace. Un jeu de joints coûte quelques euros en grande surface de bricolage, une cartouche céramique de mitigeur se trouve entre 10 et 30 €. Ces réparations, un locataire un peu bricoleur les réalise lui-même. Le remplacement complet d’un mitigeur d’évier ou de lavabo se situe généralement entre 40 et 120 € pour le matériel selon la gamme.
Quand un professionnel intervient, comptez en 2026 une fourchette de 80 à 180 € pour la pose d’un mitigeur standard, main-d’œuvre et déplacement compris, davantage en cas d’urgence ou de robinetterie encastrée. Le tarif horaire d’un plombier tourne autour de 40 à 70 € de l’heure hors déplacement. Ces ordres de grandeur restent indicatifs : un devis écrit reste la seule référence fiable, et il a l’avantage de tracer l’intervention en cas de contestation ultérieure.
Un conseil qui vaut pour les deux parties : lorsqu’un doute subsiste sur la répartition, mieux vaut convenir par écrit de qui commande et qui règle avant l’intervention. Le rapport du plombier, en précisant si la panne venait d’un joint ou d’un robinet en fin de vie, servira de pièce justificative. C’est souvent ce document qui départage un locataire et un bailleur de bonne foi.
Qui doit payer votre robinet ? Le test rapide
Répondez à trois questions, on vous indique le responsable probable selon le décret 87-712.
1. Que faut-il faire concrètement ?
Éviter le litige : la méthode qui protège tout le monde
La plupart des désaccords autour d'un robinet ne viennent pas de la loi, mais d'un défaut de traçabilité. Sans état des lieux précis ni échange écrit, chacun raconte sa version et personne ne peut prouver la sienne. Quelques habitudes suffisent à désamorcer le conflit.
Signalez toujours par écrit, courriel ou courrier, dès la découverte d'un problème. Conservez l'état des lieux d'entrée, qui fait foi sur l'état initial de la robinetterie. Gardez les factures et le rapport d'intervention. Et surtout, ne laissez jamais une fuite s'installer en attendant que « quelqu'un » s'en occupe : le temps qui passe transforme une réparation à quelques euros en sinistre à plusieurs centaines. En cas de blocage persistant, la commission départementale de conciliation (gratuite) ou un conciliateur de justice peuvent trancher avant tout recours judiciaire.
Cette logique de répartition ne s'arrête pas à la robinetterie. En immeuble, la ventilation des dépenses entre occupant et bailleur suit une grille voisine : mieux vaut connaître à l'avance la répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire pour éviter les mêmes malentendus sur les parties communes.
Questions fréquentes
Qui doit changer un robinet qui fuit en location ?
Tout dépend de la cause. Si la fuite vient d'un joint ou d'une cartouche, c'est au locataire de la réparer au titre de l'entretien courant. Si le robinet est vétuste ou corrodé par l'âge, le remplacement revient au propriétaire.
Le propriétaire peut-il refuser de remplacer un robinet vétuste ?
Non. Le bailleur a l'obligation de maintenir le logement en état de servir à l'usage prévu. Un robinet hors d'usage par vétusté relève de sa responsabilité selon le décret 87-712 et la loi de 1989. En cas de refus, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.
Combien coûte le remplacement d'un robinet par un plombier en 2026 ?
Comptez en général de 80 à 180 € pour la pose d'un mitigeur standard, déplacement et main-d'œuvre inclus, le prix du robinet en sus. Les interventions d'urgence ou la robinetterie encastrée coûtent davantage. Un devis écrit reste indispensable.
Que faire si un robinet fuit et provoque un dégât des eaux ?
Coupez l'arrivée d'eau, prenez des photos, prévenez immédiatement le propriétaire par écrit et déclarez le sinistre à votre assurance habitation dans les cinq jours ouvrés. Une fuite signalée à temps limite votre responsabilité ; une fuite ignorée peut l'engager.
Comment prouver que la panne relève du propriétaire ?
L'état des lieux d'entrée est votre meilleur allié : s'il mentionne une robinetterie ancienne ou déjà usée, la vétusté est établie. Le rapport du plombier, précisant l'origine de la panne, complète la preuve.





