Un locataire quitte le logement le 15 du mois, le suivant emménage le 20 : entre les deux, qui paie l’électricité ? La question paraît anodine, mais elle génère des factures « fantômes », des consommations attribuées au mauvais occupant et parfois de vraies tensions. La règle, elle, est simple et stable en 2026 : chacun paie ce qu’il consomme pendant qu’il occupe réellement les lieux, à condition d’avoir bien géré la résiliation, la souscription et le relevé du compteur au bon moment. Voici comment orchestrer ce passage de relais sans mauvaise surprise.
🕒 L’article en bref
Entre deux locataires, l’électricité se règle au réel selon la date d’occupation : le sortant résilie, l’entrant souscrit, et le relevé de compteur fait foi.
- ✅ Contrat au nom de l’occupant : le locataire souscrit et paie, jamais le propriétaire à sa place.
- ✅ Le relevé fait la coupure : l’index au départ sépare nettement les deux consommations.
- ✅ Rôle du propriétaire : transmettre PDL et relevé, couvrir l’éventuel logement vacant.
- ✅ Anticiper la souscription : environ 15 jours avant l’emménagement pour éviter la coupure.
📌 Une résiliation et une souscription bien datées suppriment presque tous les litiges d’électricité.
Qui paie quoi, et pourquoi le propriétaire ne facture jamais l’électricité
Le principe fondateur tient en une phrase : la souscription du contrat d’électricité incombe au locataire, celui qui occupe et consomme. En 2026, ce point reste inchangé et il n’a rien d’anecdotique. Un propriétaire qui conserverait l’abonnement à son nom pour ensuite « refacturer » la consommation à ses locataires se placerait de fait en position de revendeur d’électricité, ce que la réglementation n’autorise pas sans habilitation. La consommation privative n’est pas non plus une charge récupérable. Résultat : chaque locataire ouvre son propre contrat et le solde lui-même.
De là découle la répartition dans le temps. Le locataire sortant est responsable de la consommation jusqu’à la date de son départ, matérialisée par l’état des lieux de sortie et le relevé du compteur. Le locataire entrant prend le relais à partir de sa date d’entrée effective. Entre les deux, tout se joue sur un chiffre : l’index relevé au moment de la bascule. C’est lui, transmis au fournisseur, qui empêche que la consommation de l’un ne soit imputée à l’autre. Négliger ce relevé, c’est ouvrir la porte à des factures mal réparties et à des contestations difficiles à trancher a posteriori.
Ce changement de locataire est souvent le moment où le bailleur s’interroge aussi sur le montant du loyer. Les marges de manœuvre sont réelles mais encadrées : les conditions pour augmenter le loyer entre deux locataires dépendent de la zone, de l’ancien loyer et de l’existence éventuelle d’un encadrement local, un point à vérifier avant de rédiger le nouveau bail.

Le locataire entrant : souscrire au bon moment, aux bons frais
Pour l’arrivant, l’enjeu est d’éviter deux écueils : emménager dans un logement sans courant, ou hériter de la consommation du précédent occupant. Le marché de l’électricité étant ouvert, il choisit librement son fournisseur, historique ou alternatif, selon son profil de consommation et les tarifs proposés. Le bon timing consiste à contacter le fournisseur une quinzaine de jours avant l’emménagement, le temps d’organiser la mise en service et de caler la date exacte de démarrage du contrat.
Lors de la souscription, quelques informations sont indispensables : l’adresse complète, le numéro de point de livraison (PDL) qui identifie le compteur, un relevé d’index récent et un IBAN pour la mise en place du prélèvement. Le PDL figure sur une ancienne facture du logement ou peut être communiqué par le propriétaire. Côté coût, les frais de mise en service sont fixés par Enedis et donc identiques quel que soit le fournisseur. En 2026, la mise en service se facture environ 1,78 € sur un compteur Linky, déjà en place et activable à distance, autour d’une trentaine d’euros sur un ancien compteur nécessitant le passage d’un technicien, et jusqu’à plus de 150 € pour une intervention en urgence. La généralisation du Linky permet souvent une réactivation sous 24 heures, un vrai gain quand l’emménagement se décide tard.
Le locataire sortant : résilier proprement, sans payer pour le suivant
De l’autre côté, le sortant doit résilier son contrat à la date exacte de son départ. La résiliation d’un contrat d’électricité est gratuite : aucun préavis ni frais ne peuvent lui être imposés. Il lui suffit de contacter son fournisseur en indiquant sa date de départ et l’index relevé lors de l’état des lieux de sortie. C’est cette double information, date plus index, qui garantit qu’il ne restera pas redevable des kilowattheures consommés par le nouvel occupant. Rester disponible pour transmettre le relevé, voire les coordonnées utiles, facilite grandement la transition et évite les allers-retours.
Le rôle du propriétaire : facilitateur, jamais payeur (sauf vacance)
Le propriétaire n’établit pas le contrat à la place du locataire, mais il n’est pas spectateur pour autant. Son rôle est de fluidifier le passage de relais. Concrètement, il transmet au nouvel entrant les éléments qui accélèrent la souscription : le relevé du compteur au moment du départ du sortant, le numéro de PDL, et le nom de l’ancien locataire pour aider le fournisseur à raccrocher le bon point de livraison. Dans un logement neuf, c’est aussi à lui qu’incombent les frais de raccordement au réseau, préalable indispensable avant toute mise en service, celle-ci restant ensuite à la charge du locataire.
Il existe une seule situation où le propriétaire paie l’électricité : la vacance. Si le logement reste vide entre deux locations, mieux vaut qu’il souscrive temporairement un contrat à son nom plutôt que de laisser courir l’abonnement de l’ancien occupant au-delà de son départ, ou risquer une coupure suivie de frais de remise en service. Ce contrat provisoire couvre l’éclairage pour les visites, le chauffage minimal hors gel ou d’éventuels travaux, et se résilie dès l’entrée du nouveau locataire. En dehors de ce cas, le propriétaire reste un médiateur : en cas de désaccord sur qui doit quoi, c’est souvent lui qui, relevé à l’appui, ramène le calme.
Répartir une facture à cheval : le calcul au prorata
Quand les dates se chevauchent ou qu’un relevé manque, il faut parfois répartir une consommation entre deux occupants au prorata du temps de présence. Le principe : on prend la consommation totale de la période et on l’attribue proportionnellement au nombre de jours occupés par chacun. Ce n’est qu’une approximation, à réserver aux cas où le relevé intermédiaire n’a pas été fait, mais elle offre une base de discussion équitable. Le simulateur ci-dessous donne l’ordre de grandeur.
Répartir une facture d’électricité au prorata
À utiliser seulement en l’absence de relevé intermédiaire fiable.
Ce prorata reste un pis-aller. La consommation électrique n’est pas linéaire : un mois d’hiver avec chauffage pèse bien plus qu’un mois d’été. Dès que possible, un vrai relevé d’index à la date de bascule vaut mieux qu’un calcul au temps. Et l’électricité n’est qu’une partie du budget : savoir qui doit payer les charges de copropriété, entre locataire et propriétaire aide à répartir proprement l’ensemble des dépenses liées au logement.
Les bonnes pratiques qui suppriment les litiges
La quasi-totalité des conflits d’électricité entre locataires découle d’un relevé oublié ou d’une date floue. Trois réflexes règlent le problème. D’abord, intégrer le relevé du compteur individuel à l’état des lieux de sortie, index noté et signé par les deux parties : c’est la référence incontestable. Ensuite, dater précisément dans le bail la prise en charge des consommations, en la calant sur la remise des clés ou le dernier jour du bail. Enfin, tout tracer par écrit, mail ou annexe à l’état des lieux, pour que personne ne puisse contester après coup.
Au-delà de la gestion administrative, un logement économe en énergie facilite aussi les transitions, car il réduit le montant en jeu et donc l’ampleur des désaccords. Un bon diagnostic de performance énergétique, une isolation correcte ou un mode de chauffage sobre allègent la facture du futur occupant et rendent le passage de relais moins sensible. Communiquer en amont, entre sortant, entrant et propriétaire, transforme un point de friction potentiel en simple formalité.
Questions fréquentes
Qui paie l’électricité si le nouveau locataire arrive avant que l’ancien ait résilié ?
Chacun doit régler la consommation correspondant à sa période d’occupation. En cas de chevauchement des contrats, la meilleure solution est un relevé d’index à la date de bascule ; à défaut, une répartition au prorata du temps de présence, actée par écrit entre les deux locataires, évite que l’un paie pour l’autre.
Le propriétaire peut-il souscrire l’électricité à la place du locataire ?
Non pour la période d’occupation : le contrat doit être au nom du locataire, qui consomme et paie. Le propriétaire ne souscrit un contrat temporaire à son nom que lorsque le logement reste vacant entre deux locations, puis le résilie dès l’entrée du nouvel occupant.
Combien coûte la mise en service de l’électricité pour un locataire entrant en 2026 ?
Les frais sont fixés par Enedis et identiques chez tous les fournisseurs : environ 1,78 € sur un compteur Linky, une trentaine d’euros sur un ancien compteur avec passage d’un technicien, et jusqu’à plus de 150 € en urgence. La résiliation par le locataire sortant, elle, est totalement gratuite.
Le propriétaire peut-il imposer un fournisseur d’électricité au locataire ?
Non. Le locataire choisit librement son fournisseur ; toute clause du bail imposant un fournisseur particulier est réputée non écrite. Le marché est ouvert et cette liberté de choix est protégée par la réglementation.
Comment être sûr que les relevés de compteur sont corrects lors du changement de locataire ?
En intégrant un relevé d’index au compteur dans l’état des lieux de sortie, noté et signé par les deux parties. Avec un compteur Linky, l’index peut aussi être vérifié à distance. Ce chiffre transmis au fournisseur sépare nettement les deux consommations.





